Primary tabs
    Secondary tabs

      Courir vite pour attraper le train en marche

      Courir vite pour attraper le train en marche

      Mieux vaut anticiper que faire des efforts tout d’un coup. Cette règle vaut en tout cas pour la responsabilité sociétale des entreprises. Christian Scharff, associé chez PricewaterhouseCoopers au sein du département advisory, parle d’un mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur. Le président de l’Institut pour le Mouvement Sociétal constate que l’intérêt est également très important au Luxembourg.

      La mise en pratique de la responsabilité sociétale, implique-t-elle des coûts supplémentaires considérables?

      Il faut arrêter de penser que la responsabilité sociétale amène un surcoût, on peut même faire des économies avec cela. D’un point de vue environnemental, si on commence à travailler sur ses consommations d’eau, de papier et d’électricité, on ne va pas me dire qu’on va dépenser plus.

      Systématiquement on pensait que la RSE (responsabilité sociale ou sociétale) c’est du don et du bénévolat, c’est faux ! Je parle ici d’une situation »win-win ». Si vous avez des collaborateurs en meilleure santé, par définition ils sont plus productifs, ils sont plus contents au boulot, donc vous y gagnez également.

      La RSE est-ce vraiment une priorité en temps de crise ?

      Je crois que les entreprises qui ont mis en place un programme de responsabilité sociale ne vont pas changer leur plan, bien qu’il puisse y avoir des entreprises qui réduisent leur budget affecté aux dons ou sponsoring en temps de crise. Mais une entreprise qui s’est engagée clairement ne va pas tout laisser tomber.

      Est-ce que vous impliquez vos employés dans les projets RSE ?

      Le ton doit venir du haut. Il faut que ceux qui décident d’un plan d’action, le soutiennent et s’impliquent, mais il faut également donner la possibilité aux collaborateurs de s’impliquer dans des projets concrets.

      Chez PricewaterhouseCoopers nous avons mis en place il y a trois ans une initiative qui s’appelle my project. Celadonne l’occasion à des jeunes de s’engager sur un projet humanitaire ou social. On leur donne par exemple 120 heures pendant les heures de travail,  où ils peuvent s’engager dans un tel projet.

      Est-ce que vous avez changé votre façon de recruter ?

      Non, je dirais que c’est plutôt les jeunes qui ont changé. Nous avons toujours besoin de personnes qui ont une bonne balance entre une personnalité complète bien structurée et des compétences techniques présentes à développer, mais eux amènent quelque chose d’autre sur la table, souvent ils étaient déjà engagés dans des projets qui les construisent. Cela nous intéresse aussi, parce que cela fait preuve d’ouverture et d’indépendance.

      Est-ce qu’il y a déjà une véritable prise de conscience concernant la RSE ?

      Aux Etats-Unis, ils sont déjà plus loin. Vous avez des sites internet où les entreprises sont cotées par les employés concernant la responsabilité sociale. Avant de postuler pour un poste, les femmes par exemple vont aller voir si l’entreprise en question respecte l’égalité des chances. En Europe, le mouvement prend de plus en plus d’ampleur.

      Et au Luxembourg ?

      Le Luxembourg a été le seul pays des 27 en Union européenne a ne pas avoir d’association pour la responsabilité sociale. Donc il y a trois ans, l’Institut pour le Mouvement Sociétal a été créé avec six entreprises au départ, à savoir Arcelor Mittal, Kneip. AXA, Dexia, Noble & Scheidecker et Pricewaterhouse Coopers.

      Aujourd’hui il y a plus de 100 sociétés qui ont rejoint le réseau IMS. Trois employés qui travaillent pour IMS animent le réseau. Nous organisons 10 conférences et 15 ateliers par an plus un grand événement annuel. Pour nos conférences mensuelles, nous avons jusqu’à 100 personnes, donc les gens reviennent parce que c’est intéressant.

      Vous êtes Président de l’Institut pour le Mouvement Sociétal. Décrivez-nous un peu le rôle du réseau IMS !

      >Notre rôle est extrêmement simple : nous voulons être une boîte à outils. Nous essayons de faire comprendre, ce qui n’est pas très simple, aux acteurs économiques et d’entreprise quels sont les sujets qui concourent à la RSE. Quand il y a des sujets qui intéressent nos membres nous essayons d’animer les débats par des conférences ou des workshops.

      J’aimerais ajouter que nous sommes une association d’entreprises au sens très large, car il y a des entreprises publiques, semi-publiques et privées. Nos 100 membres représentent environ 50.000 employés au Luxembourg, donc je pense que cela commence à avoir une certaine masse critique.

      La responsabilité sociétale des entreprise, une notion bientôt incontournable pour les entreprises ?

      Ceux qui sont dans le train aujourd’hui prennent de l’avance tout simplement. Ceux qui montent dans le train dans trois ou quatre ans auront beaucoup de retard à faire. On le constate tous les jours, le marché l’attend de plus en plus, c’est-à-dire le marché en termes de nos employés, de nos clients et même quelque part des autorités.

      Même si le sommet de Copenhague n’a pas donné les résultats qu’on voulait, un jour nos allons avoir des contraintes. Ceux qui les ont anticipées auront bien évidemment beaucoup moins de difficultés que ceux qui devront faire des efforts tout d’un coup.

       

      www.imslux.lu

      www.financialforum.lu