Primary tabs
    Secondary tabs

      La microfinance au service des migrants

      La microfinance au service des migrants

      Lors du 14ème Midi de la Microfinance organisé hier par ADA, l’agence Pamecas du Sénégal a présenté les résultats d’une expérience réalisée avec ADA pour valoriser l’épargne des migrants en leur offrant une gamme de produits épargne/assurance pour soutenir leurs familles restées au Sénégal et préparer leur propre retour chez eux. C’est un bon exemple des initiatives qui rendent le secteur dela microfinance si intéressant.

      Comme par le passé, le séminaire qui s’est tenu dans les locaux de la Banque de Luxembourg a attiré un large public, ce qui témoigne de l’intérêt que suscite le sujet des travailleurs migrants et des transferts de fonds («remittance payments») au Luxembourg.

      Transferts de fonds: la situation globale

      La portion du revenu des travailleurs migrants envoyée à leurs familles dans leur pays d’origine est un moyen crucial de soutien financier.  Actuellement, la majeure partie de ces transferts est utilisée pour subvenir aux besoins immédiats de la famille, typiquement en consommation, mais une part est également utilisée pour l’épargne et la mobilisation du crédit.  Ce dernier est un important outil de réduction de la pauvreté notamment en milieu rural, avec un effet de multiplicateur potentiel sur la croissance économique. 

      D’après la Banque Mondiale, le montant des transferts globaux était de 338 milliards USD en 2008, et de 316 milliards en 2009 (une baisse globale de juste 6% en période de crise), tandis qu’il est estimé que ce montant va augmenter de 6% en 2010 et 2011.

      Le cas de l’Afrique

      Le volume des transferts vers l’Afrique sub-saharienne a régressé de juste 3% en 2009, ce qui témoigne de la fidélité des migrants envers leurs dépendants.

      La diaspora africaine comprend actuellement plus de 30 millions d’individus qui vivent en dehors de leur pays d’origine.  Ils effectuent chaque année des transferts d’environ 40 milliards USD vers leurs familles et communautés dans leur pays d’origine, ce qui représente 12,6% des flux totaux.  Environ 80% de ces transferts sont utilisés pour la consommation et entre 12,5 et 25% (5-10 milliards USD) pour l’épargne et l’investissement, avec de grands écarts d’un pays à l’autre.

      En Afrique, les coûts pour l’envoi d’argent restent très élevés et peuvent atteindre 25% du montant.  Deux compagnies de transfert contrôlent 65% des guichets de paiement (faible concurrence), tandis que 80% des pays limitent les types d’institution qui peuvent offrir des services de transferts, ce qui constitue une importante barrière d’entrée au marché.

      Projet au Sénégal

      En Octobre 2009 le Forum Global de Tunis a fait une série de recommandations pour le marché africain des transferts.  C’est en réponse à ce défi que l’association luxembourgeoise ADA (Appui au Développement Autonome)  et l’institut de microfinance Pamecas se sont associés pour créer un projet en matière de transferts de fonds. 

      ADA et Pamecas, avec trois autres partenaires (la CIF-Confédération des Institutions Financières, un réseau d’institutions de microfinance en Afrique de l’Ouest, et deux ONG: GRET et FIDA/IFAD) ont crée un projet pilot entre le Sénégal et l’Italie, ou il y a un important nombre de migrants Sénégalais.

      Les objectifs du projet sont de

      • recycler une part plus importante de l’épargne des migrants vers des activités productives et non de consommation, et de
      • contribuer à l’amélioration des conditions de vie et au développement des pays d’origine des migrants.

      Les produits offerts

      • Le compte « Dépense Familiale » reçoit la partie du transfert affectée à la dépense familiale;
         
      • le compte « Epargne-projet » donne accès à un prêt et à des services d’appui-conseil (pour le migrant ou pour quelqu’un de son choix);
         
      • le compte « Epargne-crédit habitat » donne accès à des crédits pour le logement au Sénégal (pour le migrant ou pour quelqu’un de son choix);
         
      • le compte "Epargne-retour" permet d’épargner pour un éventuel projet au Sénégal (même si encore indéfini);
         
      • le produit « Assurance-santé » permet d’assurer la famille du migrant au Sénégal.

      Les frais de transferts sont plus bas que ceux du marché traditionnel.

      Résultats et conclusions

      Sur dix mois, le plan a eu 617 adhérants et plus de 290.000 EUR de transferts : 100.000 de transferts cash to cash et 190.000 EUR de transferts cash à compte, dont 110.000 sur des comptes  d’épargne projet/logement.

      Les conclusions de l’évaluation étaient que le projet répond aux besoins des migrants et qu’il est pertinent pour le développement économique de leurs pays à long terme. Cependant il y a des points à gérer:

      • en sélectionnant l’opérateur de transferts, il faut prendre en compte sa capacité de gestion de son réseau;
         
      • il est important d’anticiper et diligenter les opérations déplacées;
         
      • il faut donner la possibilité de consulter son compte à distance;
         
      • il faut bien encadrer la communication du projet, car les migrants ont des attentes importantes.

      Le futur

      Un guide de réplication sera établi sur la base de l’évaluation du projet pilote.

      Le projet sera étendu au centre et au sud de l’Italie et répliqué à tous les pays d’Afrique de l’Ouest sous l’égide de la CIF : Bénin, Burkina Faso, Togo, Mali et Sénégal.  

      Pour plus d'information voir site web de l'ADA.

      ER