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      L’économie va redémarrer en 2012

      L’économie va redémarrer en 2012

      La zone euro est sortie de la récession, mais doit toujours faire face à des obstacles importants. Il faudra assister au second semestre 2012 avant d’assister à une reprise. Tels sont les propos de Marie Diron, senior economist qui a présenté la première étude menée par Ernst & Young et Oxford Economics. Dans une interview accordée à LFF, Marie Diron se dit relativement optimiste.

      Quelle sera la croissance de la zone euro pour les années à venir ?

      On se trouve à un point de croisement. On est sorti de la crise financière et il se peut qu’on rentre dans une crise des déficits publics. C’est pour cette raison que nous avons une prévision très prudente d’1% cette année et de 1,5% l’année prochaine. Petit à petit la zone euro émerge de cette crise, mais beaucoup plus lentement que les autres zones géographiques. Comparée à l’Asie et aux Etats-Unis, la zone euro est en perte de vitesse.

      Quelle est la probabilité d’une récession à double creux ?

      Nous estimons à 20% la probabilité d’un scénario à double creux (double dip) au cours duquel la zone euro glisserait de nouveau dans la récession au second semestre de cette année. Il existe un risque de nouvelles tensions sur les marchés financiers, soit à cause de soucis sur l’Espagne ou le Portugal, soit des problèmes liés à la Grèce à cause d’un plan qui n’arrive pas à se mettre en place.

      Vous craignez un effet domino à cause de la Grèce ?

      Oui, c’est un risque très important. A propos de la Grèce nous avons vu les difficultés à se mettre d’accord sur l’ampleur des restructurations et des réformes à mettre en place. Donc si nous transposons ce scénario sur l’Espagne ou le Portugal, cela aurait des conséquences à une échelle beaucoup plus importante.

      Quelles seraient les conséquences notamment du point de vue politique de « sauver »plusieurs pays ?

      Il faut vraiment que les gouvernements de la zone euro arrivent à se mettre d’accord beaucoup plus rapidement si un pays est en difficultés. Nous espérons que cet épisode grec va fournir un exemple d’un plan possible qui peut être appliqué à d’autres pays.

      Quelle doit être la politique monétaire de la Banque centrale européenne dans la situation actuelle ?

      Pour l’instant c’est la prudence qui règne, donc pas de hausse des taux d’intérêts. La BCE vient d’annoncer qu’elle venait en aide à la Grèce en acceptant les obligations du gouvernement grec quelle que soit leur notation. Donc la BCE fait certainement preuve de beaucoup de pragmatisme vu l’incertitude actuelle qui domine.

      Qu’en est-il de la croissance au Luxembourg ?

      Nous sommes relativement optimistes avec une croissance de 1,7% pour cette année et au moins de 3% dans les années à venir, donc plus que la moyenne dans la zone euro. Cela vient de la force du Luxembourg de capturer de nouveaux marchés comme par exemple dans le secteur financier ou de maintenir des parts de marché dans des secteurs traditionnels comme l’acier.

      Le déficit public du Luxembourg pose-t-il problème à long terme ?

      Le Luxembourg a la chance d’avoir des taux d’endettement très bas et donc peut prendre le temps de ramener le déficit à un niveau très faible. On prévoit un déficit en-dessous de 3% en 2012 déjà qui est relativement tôt pour la zone euro et certainement un retour vers l’équilibre au-delà.

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