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      Michel Barnier : l’Europe se trouve à un moment de vérité

      Michel Barnier : l’Europe se trouve à un moment de vérité

      « Il faut remettre l’industrie financière au service de l’économie réelle, car les citoyens ne pardonneraient pas de nouvelle crise. » Tels ont été les propos clairs et nets du Commissaire européen Michel Barnier à Bruxelles. Il a été l’invité d’honneur de l’association des banques et banquiers luxembourgeois (ABBL) et de l’association luxembourgeoise des fonds d’investissement (ALFI). Dans la capitale belge, Michel Barnier a présenté la stratégie de sortie de crise de l’Union européenne.

      Le commissaire européen au Marché intérieur et aux Services ne mâche pas ses mots lors de son discours à Bruxelles. Il insiste sur le fait que l’Union européenne fait face à une période extrêmement difficile, allant jusqu’à parler d’un moment de vérité.

      « Le continent européen a payé les conséquences économiques et sociales de la crise financière qui est venue des Etats-Unis. Pour certains acteurs de l’industrie financière la crise est terminée, tant mieux pour eux. Mais la crise en général continue à faire beaucoup de dégâts sur le plan social et donc sur le plan politique » ajoute-t-il.

      Le commissaire Barnier évoque deux phénomènes qui risquent de compromettre le fonctionnement du Marché unique : le protectionnisme et le populisme, qui selon lui devront être refoulés par la solidarité et le chacun pour tous. « Je suis en train de travailler sur un projet qui est en danger si je regarde dimanche après dimanche les résultats des élections dans les pays européens. Pour sortir de cette crise nous avons tous un devoir de pédagogie. »

      La Commission européenne a fait ses devoirs par le biais d’une stratégie de sortie de crise, qui se résume en quatre points. D’abord, pour les Etats membres de l’Union européenne, des règles plus fortes ont été décidées. Le commissaire Michel Barnier défend dans ce contexte la politique commune de l’UE.

      « Lors des secousses qui ont bousculé il y a quelques mois la Grèce, puis l’Irlande et il y a quelques jours le Portugal, les Chefs d’Etats et des gouvernements, la Commission européenne, la Banque centrale européenne ont joué leur rôle et ont réagi en faisant progresser la gouvernance ». Il déplore néanmoins que les outils de gouvernance en question n’ont pas vu le jour il y a dix ans déjà en même temps que l’introduction de l’euro, selon lui à cause d’un manque de courage et de volonté politique.

      Les stress tests pour les banques constituent le deuxième point de ce plan de sortie de crise. « C’est la troisième vague qui a été lancée par la nouvelle autorité bancaire européenne et qui devra être accompagnée de mesures pour assurer la recapitalisation et/ou la restructuration pour ces banques dont ce sera nécessaire ».

      Troisième point : des outils pour prévenir ou anticiper des crises, car Barnier ne souhaite pas que les contribuables devront encore payer pour des crises qu’ils n’ont pas provoquées. « Prévenir coûte moins cher que réparer », rappelle le commissaire Barnier. La mise en œuvre des accords de Bâle III, les accords de réglementations bancaires sont le quatrième point de cette stratégie de sortie de crise.

      Le but de ce plan ambitieux de la Commission Barroso est clair : remettre l’industrie financière au service de l’économie réelle et l’économie au service de la croissance économique qui est vitale pour la compétitivité de l’Union européenne et du progrès humain. CW

      (photo: ABBL)