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      Un vote au Parlement pour dynamiser l’industrie de fonds

      Un vote au Parlement pour dynamiser l’industrie de fonds

      Le Luxembourg est le premier pays de l’Union européenne a avoir voté la Directive UCITS IV concernant les organismes de placement collectif. Cette loi ouvre de nouvelles perspectives à l’industrie de fonds européenne qui se retrouvera sur un pied d’égalité avec le marché européen. Dans une interview accordée à LFF, le rapporteur du projet de loi, le député CSV (parti populaire chrétien social) Lucien Thiel parle des changements apportés par cette nouvelle loi et les opportunités pour le Luxembourg.

      Quel est le rôle voire l’impact du first mover advantage ?

      L’exemple de 1988 en dit long sur l’impact du first mover avantage : en devançant tous les autres partenaires européens dans la transposition de la directive UCIT I, le Luxembourg avait jeté les fondements pour la position proéminente qu’il occupe aujourd’hui dans l’industrie des fonds sur le plan européen.

      Le fait d’être en mesure d’offrir l’accès au marché européen aux opérateurs avant tous les autres avait déclenché à l’époque l’essor fulgurant de Luxembourg comme centre d’administration, de distribution et de gestion de fonds. Depuis lors, le Luxembourg occupe la 1ère place en Europe et la 2ème sur le plan mondial.

      Quelles opportunités cette loi offrira-t-elle à la place financière ?

      Il s’agit de la transposition d’une directive européenne qui comporte un certain nombre de changements par rapport à la situation actuelle, notamment en ce qui concerne le passeport européen pour les gestionnaires, les simplifications en matière de notification et de fusions, ainsi que la reconnaissance des master feeder fundségalement pour ce qui est des OPCVM.

      Toutes ces mesures ouvrent de nouvelles perspectives à l’industrie des fonds européenne qui, grâce aux économies d’échelle rendues possibles par cette loi, se retrouvera sur un pied d’égalité avec le marché américain, jusqu’ici plus performant parce que moins morcelé.

      Le renforcement du niveau de concurrence entre les centres spécialisés, une opportunité ou un désavantage pour le Luxembourg ?

      Il est vrai que l’ouverture et l’interpénétration du marché européen, que vise UCIT IV, exacerberont la concurrence. Toutefois cette concurrence n’est pas perçue comme un danger par celui qui est bien établi dans son domaine, mais plutôt comme une opportunité, comme un stimulant qui incite à continuer à faire mieux que les autres.

      Puisque les experts s’attendent à un développement considérable du marché européen suite aux mesures introduites par UCIT IV, le champion du secteur qu’est le Luxembourg ne peut qu’y gagner.

      Le passeport européen pour les sociétés de gestion n’entraînera-t-il pas le départ de beaucoup de sociétés, du moins en ce qui concerne les plus petites?

      Je ne vois guère de raisons pourquoi les opérateurs abandonneraient la place de Luxembourg pour d’autres sites qui doivent observer les mêmes règles, mais qui ne sont guère en mesure de présenter le même degré de masse critique en know-how, en expérience et en main d’œuvre de très haute qualité.

      Luxembourg dispose dès à présent d’un grand nombre d’atouts spécifiques pour les acteurs du secteur des fonds auxquels viendront encore s’ajouter les mesures fiscales prévues par la nouvelle loi – y inclus l’exonération de la taxe d’abonnement pour les fonds indiciels (ETF) – et les dispositions en faveur des expatriés qui seront lancées sous peu.

      Dans quelle mesure cette Directive renforcera-t-elle la protection des investisseurs ?

      A part le fait que la dynamisation du marché des fonds et la compression du coût de revient grâce à UCIT IV profitera également aux clients, ceux-ci apprécieront surtout le remplacement du prospectus traditionnel souvent indigeste pour le commun des mortels par un dépliant appelé key investor information plus lisible, plus compréhensible et disponible dans la langue du pays.

      D’autre part la collaboration encore plus intense entre les autorités de surveillance ne manquera pas de contenir les risques et d’éviter aux investisseurs de mauvaises surprises comme on en a vécu par le passé avec des promoteurs irresponsables, voire des escrocs.  Interview CW