News - 24.09.2026

Focus on Corporate Finance

  • Banking

La finance d’entreprise, essentielle pour assurer l’avenir de l’économie réelle, doit évoluer dans un environnement en mutation rapide, marqué par la fragmentation géopolitique des échanges, des décisions d’allocation de capital révisées désormais chaque trimestre, et un cadre réglementaire en pleine refonte, des paiements instantanés aux exigences de fonds propres bancaires en passant par la titrisation. Lors de notre récent “Focus on”, des experts venus d’horizons différents ont débattu sur différents enjeux, tous liés au financement des entreprises.

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La trésorerie dans une ère nouvell:

François Masquelier, CEO Simply Treasury, et Nick Ashton, Country Head of Global Payment Solutions for Luxembourg, HSBC, ont débattu de l’avenir des métiers de la trésorierie qui seront fortement impactés par l’obligation européenne des paiements instantanés et la norme ISO 20022, nouveau standard universel pour l’échange de données électroniques et de messages financiers entre banques et infrastructures de marché. Selon Masquelier, le treasury d’entreprise évoluera d’un modèle traditionnel, lié aux horaires bancaires, vers une gestion de la liquidité en temps réel et en continu (24/7). Une évolution partagée par Ashton, mais à un rythme qui dépendra, selon lui, de l’adoption des technologies : “At the moment, it is uneven. We see some treasurers really taking advantage of the new technology, but others are probably still waiting to see what happens.”

Le financement des entreprises:

Acteurs majeurs du crédit aux entreprises en Europe, les banques sont confrontées à de nouvelles exigences de fonds propres dans un souci de limiter les risques. Head of Corporate Finance & Advisory, IMI CIB Division, Intesa Sanpaolo, Biagio Calabrese observe que ces nouvelles contraintes n’ont pas eu pour conséquence une contraction du crédit. Mais les banques ont fait évoluer leur modèle. Elles continuent à originer les financements mais peuvent ensuite transférer une partie du risque à d’autres acteurs financiers. Cette mutation donne une nouvelle responsabilité au private credit. Frédéric Cassini, Head of Corporate Finance, Banque Internationale à Luxembourg, estime qu’il est en train de glisser d’une logique de confrontation à une logique de complémentarité avec les banques. Les banques restent très souvent en première ligne pour les entreprises qui affichent une bonne qualité de crédit. Pour les dossiers plus délicats, le private credit peut combler les espaces par une plus grande flexibilité, une capacité à prendre plus de risques et une plus grande capacité d’exécution.

S’adapter face aux crises:

Au cours d’un fireside chat instructif, Laurent Nittler, Executive Director, Natixis Corporate and Investment Banking Luxembourg, a interrogé Maxim Strauss, Executive Vice President et CFO de Cargolux, sur la stratégie adoptée par le groupe luxembourgeois face à la multiplication des crises géopolitiques et économiques.  Des crises qui demandent à s’adapter rapidement, explique Strauss, qui pointe la très forte hausse des coûts de carburant sur l’année 2026. Il pointe aussi l’intérêt de ne pas être coté en bourse, ce qui permet de construire des relations bancaires de très long terme, un atout précieux en cas de difficultés.

Une seconde vie pour la titrisatio:

Depuis la crise financière de 2008, la titrisation est une pratique qui attise les craintes sur le continent européen. Yves Cacclin, Head of Global Banking & Advisory, Société générale Luxembourg, rappelle toutefois qu’une réforme européenne est en discussion en Trilogue au niveau euroopéen. L’objectif est d’assouplir les règles, de réduire notamment les exigences fonds propres, afin de libérer du capital bancaire pour pouvoir financer de nouveaux prêts. “Les classes d’actifs classiques resteront le socle, explique-t-il, mais de nouveaux secteurs, comme les crédits aux data centers, sont en train d’émerger.” De son côté, Lynn Alzin, Partner, Arendt & Medernach, note que le Luxembourg, qui dispose depuis 2004 d’un cadre juridique dédié à la titrisation, pourrait directement bénéficier d’un assouplissement des règles européennes.